Aller au contenu
07 46 73 52 00
Soutènement

Mur de soutènement et talus à Carqueiranne

Retenir un talus durablement : lecture du terrain, choix de l’ouvrage, terrassement de la fouille, drainage en pied et remblaiement compacté par couches.

Soutènement

Retenir la terre sur un terrain en pente, de Carqueiranne au Beausset

Un mur de soutènement n’est pas un mur de clôture posé en travers d’une pente. C’est un ouvrage de génie civil dont le rôle est de reprendre la poussée d’un volume de terre qui, laissé à lui-même, finirait par glisser jusqu’à trouver son angle d’équilibre. Sur les coteaux de Carqueiranne, du Pradet ou de Toulon, cette poussée se mesure en tonnes par mètre linéaire dès que l’on dépasse un mètre cinquante de hauteur retenue. C’est aussi ce qui explique qu’un mur mal conçu ne se contente pas de fissurer : il bascule, il s’ouvre en pied ou il se couche d’un seul tenant après un automne pluvieux.

La pente est la règle plus que l’exception sur notre secteur. Les restanques viticoles de Bandol et de Sanary sont là pour le rappeler : depuis des générations, on cultive ici en terrasses successives, retenues par des murs en pierre sèche qui laissent passer l’eau. Ces ouvrages anciens tiennent souvent très bien, jusqu’au jour où un terrassement voisin, une plantation d’arbre ou une reprise de niveau modifie l’équilibre et provoque un ventre puis un éboulement localisé.

Chaque commune apporte son sol. Sur les coteaux du Pradet et le sud de Toulon, les phyllades et les schistes se débitent en plaquettes et donnent un sol qui tient mal une paroi verticale une fois délité. Dans le bassin du Beausset, l’argile gonflante travaille au rythme des saisons : elle pousse en hiver quand elle se gorge d’eau, elle se rétracte en été et laisse le mur sans appui. À Ollioules et en fond de vallée, les alluvions et une nappe proche imposent de soigner la portance du sol d’assise avant de couler quoi que ce soit.

Notre travail consiste à lire le talus avant de choisir la solution, puis à exécuter le terrassement, le drainage et le remblaiement dans le bon ordre. Un beau parement sur un mur mal drainé ne tient pas plus longtemps qu’un mur sans parement.

Lire un talus avant de choisir un ouvrage
Diagnostic

Lire un talus avant de choisir un ouvrage

Quatre paramètres décident de tout. La hauteur réellement retenue d’abord, mesurée du pied de l’ouvrage au niveau fini du terrain haut, car c’est elle qui conditionne la poussée. L’angle du talus ensuite : tout sol possède un angle de talus naturel, de l’ordre de trente à trente-cinq degrés pour une terre courante, davantage pour un matériau rocheux, beaucoup moins pour une argile détrempée. Si la pente existante reste sous cet angle, un simple adoucissement peut éviter l’ouvrage.

La nature du sol vient ensuite : un calcaire compact accepte une fouille à parois droites et offre une excellente portance, un remblai ancien ou une argile plastique n’offrent ni l’un ni l’autre. On repère aussi les indices de mouvement : arbres penchés, fissures en arc de cercle dans le terrain haut, bourrelet en pied de talus, murets existants qui s’ouvrent au joint.

Les venues d’eau, enfin, sont le facteur décisif. Une source diffuse, un exutoire de gouttière mal dirigé, un ruissellement de voirie qui vient se concentrer en haut du talus : chacun ajoute une poussée hydrostatique que l’ouvrage n’avait pas prévu de reprendre. Sur nos coteaux, les pluies méditerranéennes d’automne concentrent en quelques heures ce que d’autres régions reçoivent en un mois.

35 °Angle de talus naturel courant
2 mSeuil fréquent d’étude de structure
30 cmMassif drainant derrière le mur
20 tPelle jusqu’à
Solutions

Six familles d’ouvrages, six logiques différentes

Il n’existe pas de solution universelle. Le choix se fait sur la hauteur à retenir, la place disponible en pied et en arrière, la nature du sol d’assise, l’aspect recherché et le budget. Voici les six familles que nous mettons en œuvre sur le secteur.

Mur en béton armé01

Mur en béton armé

Voile armé sur semelle filante, en L ou en T renversé. La solution la plus compacte pour les hauteurs importantes, avec ferraillage et dimensionnement étudiés.

Voir la prestation
Mur poids02

Mur poids

Il résiste par sa seule masse, sans armature de flexion. Épais en pied, il demande de la place mais reste simple à mettre en œuvre pour des hauteurs modérées.

Voir la prestation
Gabions03

Gabions

Cages métalliques remplies de pierres, drainantes par nature et tolérantes aux petits tassements. Montage rapide, aspect minéral qui s’intègre bien en coteau.

Voir la prestation
Enrochement04

Enrochement

Blocs de plusieurs centaines de kilos à plusieurs tonnes, posés avec fruit sur une assise dressée. Idéal en grande hauteur et en terrain rocheux.

Voir la prestation
Restanques en pierre05

Restanques en pierre

La tradition varoise : murs de pierre sèche qui retiennent la terre en terrasses successives et laissent l’eau s’écouler entre les pierres.

Voir la prestation
Blocs à bancher06

Blocs à bancher

Blocs creux empilés, ferraillés puis remplis de béton sur une semelle coulée. Bon compromis technique et économique jusqu’à des hauteurs courantes.

Voir la prestation
Le drainage décide de la durée de vie du mur
Le point critique

Le drainage décide de la durée de vie du mur

Un mur de soutènement est calculé pour reprendre la poussée des terres. Il n’est presque jamais calculé pour reprendre en plus la pression d’une nappe accumulée derrière lui. Or de l’eau retenue par un remblai compact exerce une poussée qui peut dépasser celle de la terre elle-même. La très grande majorité des murs qui basculent dans le Var ont d’abord été des murs mal drainés.

Le dispositif est toujours le même, quelle que soit la technique retenue. En pied, un drain routier posé sur une pente régulière, enveloppé de gravier lavé et raccordé à un exutoire réel : un puits perdu, un fossé, un réseau pluvial, jamais un tuyau qui se termine dans le remblai. Derrière le voile, un massif drainant en gravier 20/40 sur vingt à trente centimètres d’épaisseur, séparé du remblai par un géotextile anti-contaminant qui empêche les fines de venir colmater le gravier.

Des barbacanes traversent le mur en partie basse, tous les mètres à mètre cinquante, avec une légère pente vers l’extérieur. Elles ne remplacent pas le drain : elles le complètent. Enfin, on empêche l’eau d’arriver par le haut, avec une cunette, une noue ou un caniveau en tête de talus qui détourne le ruissellement avant qu’il ne s’infiltre derrière l’ouvrage.

Déroulé

Du terrassement de la fouille au remblaiement final

Le chantier suit toujours la même logique : dégager, asseoir, construire, drainer, remblayer. Chaque étape conditionne la suivante et aucune ne se rattrape après coup.

  1. 1

    Relevé et implantation

    Relevé des niveaux haut et bas, mesure de la hauteur réellement retenue, repérage des venues d’eau et des ouvrages voisins. Implantation du nu du mur en tenant compte des limites séparatives et de l’encombrement de la semelle, qui déborde toujours de part et d’autre du voile.

  2. 2

    Terrassement de la fouille

    Décaissement du talus avec une banquette de travail suffisante pour la pelle et le coffrage. En terrain schisteux ou en roche, le brise-roche hydraulique prend le relais du godet. Les parois provisoires sont talutées ou blindées selon la hauteur et la cohésion du sol.

  3. 3

    Fond de fouille et portance

    Le sol d’assise est purgé de la terre végétale et des poches molles, puis contrôlé. S’il n’est pas homogène, on substitue en grave compactée par couches jusqu’à obtenir une portance régulière. La semelle est toujours descendue hors gel et hors zone de terre remaniée.

  4. 4

    Semelle et élévation

    Coulage de la semelle sur béton de propreté, avec les aciers en attente, puis montage du voile : coffrage et coulage pour le béton armé, empilage et remplissage pour les blocs à bancher, pose au godet trieur pour l’enrochement et les gabions. Contrôle d’aplomb et de fruit en continu.

  5. 5

    Drainage et remblaiement

    Pose du drain en pied sur lit de gravier, géotextile, massif drainant, barbacanes, puis remblaiement par couches de 20 à 30 centimètres compactées sans surcharger l’ouvrage jeune. On ne remblaie jamais un voile béton avant qu’il n’ait atteint une résistance suffisante.

  6. 6

    Finitions et gestion des eaux

    Réglage du terrain haut avec une pente qui éloigne l’eau du mur, mise en place de la cunette ou du caniveau de tête, raccordement de l’exutoire, remise en terre végétale et évacuation des déblais excédentaires.

Règles du jeu

Urbanisme, limites séparatives et cas d’étude technique

Un mur de soutènement modifie durablement la topographie d’une parcelle : il relève donc du droit de l’urbanisme. Selon la hauteur, l’implantation et surtout le règlement du plan local d’urbanisme de la commune, une déclaration préalable est fréquemment exigée, et elle devient quasi systématique en secteur protégé, en zone de covisibilité ou lorsque le mur borde la voie publique. Certains PLU du littoral varois limitent la hauteur d’un ouvrage de soutènement vu depuis la rue, ou imposent un traitement de parement en pierre. La consultation du règlement en mairie avant le chiffrage évite de reprendre un projet entier.

Mitoyenneté, vues et écoulement des eaux

Un mur en limite séparative engage les rapports de voisinage. Les règles de prospect, les hauteurs autorisées en limite et le droit de vue encadrent ce que l’on peut monter à quelques centimètres du fonds voisin. Le principe de l’écoulement naturel des eaux joue aussi : un fonds bas reçoit naturellement les eaux du fonds haut, mais le propriétaire du fonds haut n’a pas le droit d’aggraver cet écoulement en concentrant artificiellement son ruissellement. Un exutoire de drain qui débouche sur le terrain du voisin est une source de litige fréquente, et une raison suffisante de dimensionner correctement son propre exutoire.

Quand une étude s’impose

Au-delà d’environ deux mètres de hauteur retenue, en présence d’une surcharge en tête (voirie, stationnement, piscine, construction), sur un sol argileux sensible au retrait-gonflement comme dans le bassin du Beausset, ou lorsque des indices de mouvement sont visibles, le dimensionnement ne relève plus de l’expérience seule. Une étude géotechnique caractérise le sol et sa portance, une note de structure fixe les épaisseurs, le ferraillage et la géométrie de la semelle. Nous exécutons alors l’ouvrage conformément aux plans fournis, ce qui est aussi la meilleure protection du propriétaire.

  • Relevé de la hauteur retenue et des venues d’eau avant chiffrage
  • Fond de fouille purgé, contrôlé et substitué si nécessaire
  • Semelle hors gel, dimensionnée selon la portance réelle
  • Drain routier en pied raccordé à un exutoire existant
  • Massif drainant en gravier et géotextile anti-contaminant
  • Barbacanes régulières en partie basse de l’ouvrage
  • Remblaiement par couches compactées, sans surcharge prématurée
  • Terrain haut réglé pour éloigner l’eau de la tête de mur
PrestationUnitéBudget indicatif
Terrassement de fouille en terre courante18 à 30 €
Terrassement en roche au brise-roche55 à 95 €
Mur en blocs à bancher avec semelle180 à 300 €
Mur en béton armé banché250 à 420 €
Gabions posés et remplis170 à 290 €
Massif drainant, géotextile et drain en piedml35 à 70 €

Fourchettes indicatives hors étude technique, variables selon l’accès, la hauteur retenue et la nature du sol. Seul un devis établi après visite engage un prix.

Questions fréquentes sur les murs de soutènement

Faut-il une déclaration préalable pour un mur de soutènement ?

Très souvent, oui. Tout dépend de la hauteur, de l’implantation et surtout du règlement du plan local d’urbanisme de votre commune, qui peut fixer un seuil, limiter la hauteur visible depuis la voie ou imposer un parement. En secteur protégé ou en limite de voie publique, la formalité est quasi systématique. Le plus sûr est de consulter le service urbanisme avant le chiffrage : un mur monté sans autorisation peut devoir être repris.

Quelle hauteur peut-on atteindre sans étude de structure ?

En pratique, jusqu’à environ deux mètres de hauteur retenue sur un sol sain, sans surcharge en tête et sans venue d’eau particulière, un ouvrage courant peut se réaliser sur la base de sections éprouvées. Au-delà, ou dès qu’il y a une voirie, un stationnement, une piscine ou une construction à l’amont, une note de structure et souvent une étude géotechnique deviennent nécessaires. Sur argile gonflante, le seuil descend nettement.

Gabions, enrochement ou béton armé : que choisir ?

Le béton armé est le plus compact : il retient beaucoup avec peu d’emprise, mais il demande un coffrage, un ferraillage et un délai de séchage. L’enrochement est adapté aux grandes hauteurs et aux terrains rocheux, à condition de disposer d’une assise dressée et d’un accès pour la pelle. Les gabions se montent vite, drainent naturellement et tolèrent de petits tassements, mais ils demandent une épaisseur en pied plus importante.

Pourquoi mon mur existant s’ouvre-t-il en pied ?

Dans la plupart des cas parce que l’eau ne sort pas. Un massif drainant colmaté, des barbacanes bouchées ou absentes, un drain sans exutoire : la pression hydrostatique s’ajoute à la poussée des terres et fait basculer l’ouvrage autour de son pied. Les autres causes fréquentes sont une semelle trop étroite ou fondée dans de la terre remaniée, et une surcharge ajoutée après coup en tête de mur, comme un stationnement de véhicule.

Peut-on restaurer une restanque en pierre sèche ?

Oui, et c’est souvent la meilleure option sur les terrasses viticoles de Bandol ou les coteaux de Sanary. On dépose la zone effondrée jusqu’à retrouver un appui sain, on purge la terre derrière le parement, on remonte les pierres avec du fruit et un blocage arrière en pierraille qui joue le rôle de massif drainant. La reprise partielle demande du temps, mais elle conserve l’aspect et le fonctionnement hydraulique d’origine.

Combien de temps dure un chantier de soutènement ?

Pour un mur courant de dix à quinze mètres linéaires, comptez quelques jours de terrassement et de fouille, puis le montage de l’ouvrage, et enfin le drainage et le remblaiement. Le béton armé impose un temps de durcissement avant remblaiement, ce que les gabions et l’enrochement n’exigent pas. L’accès au chantier reste le premier facteur de durée : une parcelle desservie par une voie étroite double facilement le nombre de rotations.

Un talus à retenir ou un mur à reprendre ?

Envoyez-nous quelques photos du talus et la hauteur à retenir : nous vous proposons la solution adaptée au sol et à l’accès. Devis sous 48 heures, au 07 46 73 52 00.

Appeler